EXPOSÉ PRÉALABLE
avertissement : ce texte a un gros besoin de refactorisation !
(il est vieux et obèse ;-)
Que se passe-t-il ?
La tendance lourde est à l'égonomie, cette constante des sociétés contemporaines où l'individu souhaite affirmer sa différence et son unicité. Elle ne doit pas être confondue avec l'égocentrisme, centré sur la valorisation de soi. Elle pousse les individus à préférer le sur-mesure, le local et à fuir tout ce qui est standardisé. Les produits du terroir sont mis à disposition sur des marchés de Noël locaux ou à l’occasion de foires aux artisans. Les constructeurs automobiles proposent des séries spéciales en nombre limité qui personnalisent la voiture du consommateur. Le "personnal shopping" se développe. Ce «
moi d'abord » tel qu'il est exprimé ici par Stowe Boyd à propos des réseaux sociaux, est une tendance lourde dont il faut se réjouir tant elle ouvre de perspectives nouvelles au cœur de l'éternelle dialectique entre individu et collectif qui se double aujourd'hui de la dialectique sulfureuse entre dé-territorialisation et re-territorialisation.
Quelques jours après que chacun ait pu lire le faire-part de naissance d'
OpenSocial par Google et alors que des analystes talentueux en explorent
les effets prévisibles, il est plus qu'urgent d'adopter une stratégie et des méthodes nous permettant de répondre à la question à tiroirs qui flotte dans l'air du temps : Comment préserver notre libre arbitre ? Comment nous protéger de la colonisation totale des esprits face à des modèle économiques essentiellement publicitaires ? Comment garantir à chacun la maîtrise de son identité numérique et de ses données personnelles tout en profitant sans complexe des formidables opportunités qui se présentent en terme d'auto-organisation des communautés et des personnes ?
L'histoire des ordinateurs, des réseaux et des services de communication électronique nous a montré, à de multiples reprises, que des pratiques aliénantes l'ont souvent emporté sur des pratiques libres uniquement par leur pouvoir de séduction, leur accessibilité, leur ergonomie, leur apparente absence de problème. Les pièges sont souvent bien tendus et il s'en ouvre chaque jour de nouveaux. La communauté pluridisciplinaire évoquée ici devra donc être capable d'analyser les interfaces proposées avec le
graphe social de n'importe quel point de vue qu'il s'agisse de questions purement technologiques ou fonctionnelles, d'usages, d'esthétique et fondamentalement de questions qui sont de l'ordre du désir et du plaisir.
Quel est le problème ?
Si nous admettons avec André Breton que
tout progrès scientifique accompli dans le cadre d'une structure sociale défectueuse ne fait que travailler contre l'homme, que contribuer à aggraver sa condition..., nous devons nous préoccuper de la nature et du bon fonctionnement de la structure sociale dans laquelle chaque individu reçoit les propositions technologiques en général et, de manière encore plus sensible ici, les propositions technologiques intégrant dans le code des automates de socialisation pré-formatés. Le rapport à l'écran est un rapport intime ; comme le souligne Michel Serres lorsqu'il parle de
l'externalisation des fonctions cognitives puisque c'est, en quelque sorte, notre propre tête que nous posons devant nous. Le problème est bien que notre
nouvelle tête est fragile et que nous devons la protéger du formatage comme le motocycliste adopte, au minimum, le port du casque.
Arrivés à ce stade d'une histoire technologique qui s'accélère brutalement nous sommes au pied du mur. Il ne s'agit pas de s'en remettre exclusivement à des solutions technologiques pour prétendre trier entre le bon grain et l'ivraie et se contenter, par exemple, d'opposer des stratégies peer to peer à des stratégies centralisées tant il est vrai que dans ce domaine les lignes bougent et que d'habiles jeux de poupées russes peuvent aussi bien permettre à des monopoles de fait de baser des stratégies de formatage en exploitant de manière faussement naïve des logiques peer to peer et des sources libres.
Nous serions également bien en peine de trouver auprès des institutions ordinaires publiques ou privés ces solutions d'auto-défense. Au mieux les institutions sont présentes dans le jeu sous forme de
communautés virtualisées, celles qui préexistent à leur forme réticulaire, au sens où l'entend ici
Paul Mathias, et non de
communautés virtuelles qui n’existent précisément qu’en raison de leur virtualité, c’est-à-dire de leur émergence dans un espace électronique et purement réticulaire. Or ce sont bien des secondes qu'il s'agit en principal lorsque nous naviguons et composons des ensembles dans le
graphe social.
En ce qui concerne la puissance publique, législative et réglementaire, ce n'est pas lui faire injure que d'admettre qu'elle ne puisse être d'un grand secours à ce stade des opérations. Elle nous laisse démunis car, comme l'explique toujours avec force Paul Mathias,
du code à la loi le parcours est long, hybride, aléatoire et à durée indéterminée alors même que le problème pour l'individu se pose ici et maintenant, tout de suite, en situation d'usage à 30 cm derrière l'écran, confronté à telle ou telle interface avec le
graphe social qui masque volontairement ou naïvement la nature des enjeux.
Où chercher la solution ?
Puisque le problème est bien là, dans le champ critique de 30cm de profondeur qui se situe entre la personne et son écran, la solution doit y être placée également. Si l'on veut bien
considérer avec Michel Authier l'évidence que tout problème se résout par la connaissance et que cette connaissance est soit un savoir-faire sur lequel chacun peut effectivement tomber
par hasard, soit une personne que l'on connaît et qui connait (doublet extrémement significatif du sens du mot
connaissance) il faut donc s'assurer que la personne peut à tout moment dans cette position faire appel à une autre personne de confiance autrement dit à une autre
connaissance. Pour qu'une
connaissance soit toujours disponible cela suppose l'existence d'un collectif indépendant, un
paysage de connaissances, singulier, librement choisi et composé par chacun (
MezzoCampo).
Echapper à la
malédiction du formatage suppose de réunir à cette échelle les conditions d'accès à une véritable
médecine d'urgence afin que chacun puisse évoluer librement
en conscience et en pleine connaissance de cause alors que nous vivons dans un monde de glissements perpétuels où les écarts en terme de savoir-faire ne se réduisent jamais spontanément mais ont plutôt tendance à s'additionner systématiquement. Le
paysage de connaissances (
MezzoCampo) c'est l'indispensable et seul tiers de confiance possible,
l'interface des interfaces en somme, mobilisable
à portée de main, in situ, à la demande et dans l'instant où le problème se pose.
Il ne s'agit pas d'évoquer là une forme réductrice de support aux utilisateurs destiné à accompagner la prise en main et l'apprentissage des outils proposés par l'industrie mais d'une forme d'aide à la coopération. Il ne s'agit pas non plus de préjuger des approches technologiques dont nous connaissons la rapidité d'évolution et les changements de paradigme qu'elles peuvent provoquer brutalement. Il s'agit d'énoncer et d'afficher clairement dans quel espace social critique et pédagogique il est raisonnablement possible de prendre et garder durablement confiance et conscience en limitant les risques d'instrumentalisation ou de dépendance technologique et/ou politique.
Quelle méthode adopter ?
Le seul espace effectivement libre à portée de main est celui où peuvent exister simultanément, cohabiter et coopérer sans se nier l'un l'autre, un réseau social assisté par la technologie et un réseau social libre de toute technologie. Il n'en existe qu'un c'est « mon » paysage ; celui que je peux observer de manière circulaire en me plaçant sur le toit de ma maison, celui que je peux parcourir à pied au cours d'une promenade, celui qui ne dépend d'aucune limite administrative ou technologique précise et qui constitue cependant mon espace vital, celui qui prend source et légitimité dans le seul regard que je porte sur lui.
Il faut donner à toute personne les moyens de créer librement, autour de lui, à 360°, son propre
paysage de connaissances (
MezzoCampo) faisant office de
protection rapprochée comme l'indiquait plus haut l'analogie du casque, véritable prophylaxie anti-formatage, facilitant et sécurisant sa mise en relation libre avec tout ou partie du
graphe social.
Vu sous cet angle le
paysage de connaissances (
MezzoCampo) est un
espace vital inscrit d'entrée de jeu dans la durée et permettant à toute personne quelque soit son niveau d'apprentissage des réseaux et services de communication électronique de circuler en toute sécurité à travers le réseau des réseaux, d'un paysage à l'autre sans courir le risque de perdre la tête dans l'exercice, en ayant la garantie de la plus haute protection possibile de son identité numérique et de ses données personnels. C'est le
prisme qui permet de se construire un point de vue, une lecture autonome et libre.
Ces
paysages de connaissances, dialoguant au sein d'un organisme certificateur constitué sous la forme d'une association loi de 1901 et régi par les articles L715-1 à L715-3 du code de la propriété intellectuelle, produiront ainsi une signature du collective, une certification délivrée et exploitable par les
tiers de confiance locaux, dès lors que ceux-ci auront accepté de
jouer le jeu en permettant la composition par chacun son
MezzoCampo. Traduit en termes opérationnel, l'objet de
l'organisme certificateur grâce à la diversité de ses membres, l'éventail de leurs compétences, le nombre significatif de regards croisés portés sur l'objet commun est de permettre aux utilisateurs de qualifier et déterminer eux-mêmes le paysage dans lequel ils s'inscrivent.
Quel instrument faut-il créer ?
En toute hypothèse il faut imaginer un instrument personnel (
MezzoPass) installé sur le poste de l'utilisateur, par exemple sous la forme d'un plugin associé au navigateur, lui permettant de composer rapidement et par lui-même son
paysage de connaissances (
MezzoCampo), à travers un
design volontairement enfantin réalisé par le
MezzoLab et exploitant exclusivement une collection de standards ouverts pour le partage distribué et le croisement des données (openid, oauth, rss, apml, yadis, opml, hcard, xfn). Un outil évalué a priori, validé a posteriori, révisé et certifié périodiquement par
l'Association MezzoLine
Pour parvenir à poser correctement le problème et établir un cahier charges pertinent à partir de cette esquisse, il faut rassembler, autour d'un groupe de personnes qualifiées travaillant de manière itérative, une première communauté de
fondateurs de
l'association MezzoLine, composée d'écrivains, architectes, urbanistes, scénographes, paysagistes, ingénieurs, concepteurs-muséographes, graphistes-designers, développeurs multimédia, nouveaux colporteurs et
early-adopters, sans que cette énumération indicative puisse jamais être considérée comme exhaustive
Un groupe de 6 personnes qualifiées pour avoir exploré de différents point de vue ces 15 dernières années les problématiques autour desquelles se construit
MezzoLine - (leurs noms sont en cours de validation auprès des personnes sollicitées) - capables d'orienter les travaux d'une équipe de base 5 développeurs/intégrateurs (1 Spécialiste Java & Javascript + 1 Spécialiste base de données, moteur de recherche et Microformats + 1 Spécialiste réseau P2P + 1 Spécialiste Plugin et intégration Firefox + 1 Specialiste ActiveX & OpenGL