Vous êtes 38.107.179.231(Login)

MEZZO / Le Capitalisme Mort Vivant

carte des liens de la page courante LeCapitalismeMortVivant

Lecture et commentaire collectifs de l'article d'André Gorz, publié ici dans la revue Mouvements sous le titre - Penser l’exode de la société du travail et de la marchandise - où il revient sur sur la dynamique du capitalisme financier et sur les raisons qui permettent de voir dans le revenu social garanti (RSG) une occasion de sortir du capitalisme.


Le capitalisme mort-vivant


Je ne m’étendrai pas sur les difficultés que ce modèle présente dans une économie post-fordiste où les grandes unités de production sont éclatées, externalisées en des centaines d’entreprises sous-traitantes de première, deuxième… voire cinquième rang, faisant appel aux micro-entreprises de centaines de « self-entrepreneurs » individuels travaillant souvent en réseaux. Le modèle distributiste a sans doute le grand mérite de rompre avec le marché, de mettre en évidence le caractère anachronique de la forme valeur, c’est-à-dire de la forme argent, de la forme marchandises, donc du capitalisme ; mais il en conserve les apparences et, surtout, le fondement principal : la division capitaliste du travail, la division entre consommateurs et producteurs, les rapports sociaux marchands d’achat et de vente. Il s’agit là d’une forme de « capitalisme mort-vivant » dont la valorisation du capital ne peut plus être le but mais qui, en préservant formellement la forme marchandise des richesses produites et le besoin d’argent pour y accéder, préserve un aspect essentiel des rapports de domination capitalistes.

Ceux-ci subsistent dans la mesure où l’allocation d’un revenu individuel fait obstacle au développement de réseaux coopératifs d’autoproduction, à l’appropriation par des collectifs auto-organisés de moyens de production soustraits à la division capitaliste du travail et utilisables pour satisfaire une part croissante des besoins et désirs de tous. L’idée que, après son extinction, le capital doit pouvoir conserver son système de domination en conservant aux biens la forme marchandise et à leur mise à disposition la forme de la vente, cette idée chemine souterrainement depuis des décennies. Elle considère la consommation de marchandises comme un travail qui mérite d’être rémunéré en tant qu’il maintient l’« ordre marchand », l’ordre dans lequel les individus se produisent eux-mêmes tels que les puissances dominantes désirent qu’ils soient. « Les marchandises y achètent leurs consommateurs afin que ceux-ci se fassent, par l’activité de consommer, ce que la société a besoin qu’ils soient [4]. »

Les moyens sur lesquels le capitalisme avait fondé sa domination – l’argent, le marché, le rapport salarial, la division sociale du travail – lui survivent comme des formes vides. Ce n’est plus la mise en valeur de la valeur, c’est le pouvoir de dominer qui devient le but de la production.



découvrez les autres chapitres du texte d'André Gorz


<< RevenuSocialGaranti SommaireExodus TaxeTobin >>




Le capitalisme mort-vivant / Discussion



Il n'y a pas de commentaire sur cette page. [Afficher commentaires/formulaire]