Le projet Vox Internet a engagé un premier effort de coordination scientifique issu d’un petit réseau informel constitué au fil des années à travers des rencontres plus formelles (Journées d’Autrans, colloques Ecole des Mines, AS CNRS, EGENI, etc.). L’actualité du Sommet mondial sur la société de l’information de l’ONU (Genève, 2003 - Tunis, 2005), et en particulier la question prioritaire de la gouvernance de l’internet, ont fourni le thème du premier séminaire (septembre 2004-février 2005) dont le rapport final «
Gouvernance de l’internet : l’état de fait et l’état de droit » a été publié (en français et en anglais) d’abord en ligne (1er juillet 2005), puis sur papier (co-édition ENS-LSH / FMSH, octobre 2005).
Intitulé
Gouvernance de l’Internet : la construction démocratique des normes, le programme Vox Internet II s’emploie à approfondir et consolider les travaux engagés selon deux directions :
- développer les recherches sur les relations entre nouvelles technologies, politique, culture et société ;
- renforcer la dimension interdisciplinaire, multi-acteurs et européenne des analyses sur la problématique de gouvernance de l’internet, qui reste un chantier très ouvert à l’issue du SMSI.
Le portail www.voxinternet.org se propose de constituer de manière "ouverte" un outil privilégié pour la mutualisation, la mise en visibilité et la fertilisation des recherches sur les enjeux de développement et de régulations de l’internet.
Et voilà que je découvre aujourd'hui seulement le projet et le site
VoxInternet, après avoir lu
quelques textes passionnant de Paul Mathias et en suivant un lien au hasard sur son CV où il apparait comme
membre depuis 2006 du Conseil scientifique de Vox internet, programme de recherche soutenu par l’A.N.R.
Les travaux de
VoxInternet sont particulièrement riches, cela ne fait aucun doute, mais pour un programme sous-titré
la construction démocratique des normes avec tout ce que cela suppose d'enjeux et de questionnements publics le fait qu'il n'y ait strictement aucun commentaire au pied des articles depuis la création du site en 2005 constitue un premier indice : il doit y avoir un problème quelque part ; pour qui travaillent donc ces gens si personne ne fait écho à leurs travaux.
Bien sûr, je ne suis pas un modèle d'attention. Bien sûr, ce n'est qu'aujourd'hui que je me livre à un travail d'inventaire de ce qui se fait et se dit dans ces domaines et il est mal venu de brandir son ignorance comme un drapeau. Mais tout de même... Force est de constater que, aussi intelligent soient-ils nous sommes ici dans un processus de consécration d'une guilde d'experts au service de l'institution au sens large et non en prise directe avec la population. Je ne prétends pas qu'il soit facile d'établir la passerelle mais, de toute évidence, cet axe de recherche d'une plus grande fluidité dans les échanges entre experts et victimes m'apparaît totalement absent du champ d'investigation. Nous sommes donc dans un cercle vicieux. S'il faut en sortir et il est urgent d'en sortir, il faut se donner les moyens de prendre le problème aux deux extrémités du spectre :
- Dune part, disposer d'un annuaire mondial des organismes de normalisation et de standardisation, comités d'éthique, des Parlements, des autorités morales et religieuses, des instances culturelles, des organisations de protection des consommateurs, des médias, etc., permettant de comprendre sous la forme d'un graphe social facile à lire qui est en relation opérationnelle avec qui et permettant la compilation de bases d'information éthitechniques à la disposition et à l'écoute des pôles régaliens, civils, privés, techniques et internationaux des divers secteurs de l'intergouvernance mondiale. C'est la proposition EthiTechnica de Jean-François Morfin
- D'autre part et simultanément de développer un réseau de stations d'observations? (à suivre)